S’implanter sur le marché suisse ou simplement y réaliser des opérations commerciales ne se fait pas sans respecter un certain nombre de règles fiscales. Pour une entreprise étrangère, la Suisse présente un cadre spécifique, exigeant et structuré, notamment en matière de TVA. Celui-ci impose des démarches précises dès lors qu’une activité économique est exercée sur le territoire helvétique. Je présente dans cet article les principales obligations fiscales qui s’appliquent aux entreprises étrangères en Suisse.

Comprendre l’assujettissement à la TVA en Suisse

Une société est considérée comme assujettie à la TVA suisse à partir du moment où elle fait un chiffre d’affaires annuel global supérieur à 100 000 francs suisses. L’assujettissement ne dépend pas d’un établissement physique en Suisse. Une structure domiciliée à l’étranger peut être soumise à la TVA en vendant des produits à des bénéficiaires suisses ou en livrant des biens depuis un entrepôt local. Un prestataire de services informatiques basé en France et qui intervient de façon ponctuelle auprès de clients à Genève devra s’immatriculer à la TVA si le seuil est dépassé.

Toutes les opérations ne donnent pas lieu à une obligation de facturer la TVA en Suisse. Certaines, notamment les prestations médicales ou sociales, sont exonérées. D’autres sont hors du champ d’application. Il est donc important de distinguer les activités imposables de celles qui ne le sont pas, afin d’éviter un enregistrement injustifié ou, à l’inverse, un défaut de déclaration. Grâce à l’expertise de sociétés fiduciaires reconnues comme My Swiss Company, les entreprises étrangères disposent d’un accompagnement fiscal structuré pour garantir leur conformité aux obligations suisses.

TVA

Pourquoi la désignation d’un représentant fiscal est-elle obligatoire ?

Lorsqu’une entreprise étrangère est assujettie à la TVA suisse sans y disposer d’établissement stable, elle ne peut pas interagir directement avec l’Administration fédérale des contributions (AFC). C’est pourquoi la législation impose de désigner un représentant fiscal domicilié en Suisse. Cela vise à garantir un relais local fiable pour le traitement des obligations fiscales et la communication avec les autorités. Le professionnel sollicité agit en tant qu’intermédiaire légal. Il est chargé de :

  • déposer les déclarations périodiques de TVA,
  • gérer les paiements de la taxe due,
  • répondre aux demandes de l’AFC,
  • conserver les pièces justificatives et les registres comptables accessibles en Suisse,
  • s’assurer que les documents commerciaux (factures, contrats) respectent les exigences suisses.

Ce mandataire est souvent une fiduciaire, un cabinet comptable ou une société spécialisée dans la représentation fiscale. Son rôle ne se limite pas à une simple formalité administrative. Il engage sa responsabilité en cas de non-conformité ou d’irrégularité. C’est pour cette raison que les autorités exigent qu’il dispose d’une adresse officielle en Suisse et soit clairement identifié lors de l’enregistrement TVA.

Procédures à suivre pour l’inscription au registre TVA

L’inscription s’effectue auprès de l’Administration fédérale des contributions (AFC), via un dossier qui comporte plusieurs pièces justificatives. Les documents à fournir incluent :

  • le formulaire officiel d’affiliation (disponible en ligne sur le site de l’AFC),
  • une copie de l’extrait du registre du commerce de la société (ou tout équivalent légal),
  • un contrat de représentation fiscale signé,
  • une description des activités exercées en Suisse afin d’évaluer leur caractère imposable

Dès que la requête est validée, l’AFC attribue à l’entreprise un numéro d’identification TVA au format CHE-xxx.xxx.xxx TVA, qu’il est obligatoire de faire figurer sur les factures et devis. À compter de cette immatriculation, la structure doit déposer des déclarations de TVA périodiques qui détaillent le chiffre d’affaires réalisé, la taxe facturée et la TVA déductible sur ses achats. Il est essentiel d’utiliser les bons taux de TVA selon la nature des produits ou services vendus. La moindre erreur peut entraîner des intérêts moratoires ou des amendes.

L’entreprise doit par ailleurs veiller à conserver ses justificatifs (bons de livraison, contrats, etc.) pendant une durée minimale de dix ans, et les mettre à disposition en Suisse si l’AFC en fait la demande. Ce respect des obligations formelles est indispensable pour éviter tout litige fiscal ou redressement lors d’un contrôle.